Personnellement


Introduction


Une petite règle de vie

Pour le chrétien, le baptême est le début de son parcours. Celui qui se met en route a besoin d’indications pour son chemin. Il a besoin d’une petite règle de vie.

De la nourriture pour le chemin, il y en a : la Parole de Dieu et les attentions touchantes de Dieu que sont les Sacrements. Mais pour écouter et pour vivre, il faut du temps. Ceci n’est pas toujours simple: au-delà des responsabilités et des soucis quotidiens, cette règle de vie se veut une aide pour que tout chrétien puisse répondre à ce que Dieu attend de lui.

1. Le signe de la Croix le matin


Commencer la journée par le signe de la Croix est très simple mais ce geste est une vraie prière. Nous entrons dans le fleuve d’amour et de vie qui unit le Père, le Fils et l’Esprit. Nous nous plaçons sous le signe de la Croix de Jésus, source de notre libération et qui ne cesse jamais de jaillir.

Nous pouvons nous mettre au cœur de l’offrande de Jésus. Nous nous signons d’abord avec la dimension verticale de la croix et témoignons ainsi de notre volonté de vivre à la verticale, c’est-à-dire reliés à Dieu. Mais il y a aussi la dimension horizontale qui nous relie aux hommes au cœur du monde. Et nous pouvons aller avec confiance au-devant du jour qui vient : « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout contribuer à leur bien » (Rom. 8, 28).

Faire le signe de la croix en union avec Marie donne le juste ton à notre louange et à notre disponibilité. Comme l’exhortait Saint Ambroise « Que chacun ait le cœur de Marie pour magnifier le Seigneur; que chacun ait l’esprit de Marie pour glorifier Dieu ».

Faisons donc ce signe de la Croix lentement et paisiblement, comme Bernadette l’a appris de Marie.

2. Lire l’Evangile du jour


Dans chaque Eucharistie, l’Eglise nous propose un extrait de l’Ecriture Sainte; tout le monde n’a pas l’occasion de participer quotidiennement à la messe, mais tout le monde a accès à la Parole de l’Ecriture Sainte que l’Eglise nous offre.

Que pouvons-nous faire? Chaque jour nous pouvons consacrer quelques minutes à une lecture de l’Ecriture.
Ainsi nous recevrons nourriture et force. En nous mettant chaque jour sous la mouvance de la Parole et en laissant cette Parole toucher notre cœur, nous devenons unis de façon mystérieuse à tous nos frères et sœurs à travers le monde. Nous formons ainsi une seule et grande famille universelle, surtout si nous lisons l’Evangile qui nous est proposé à la Messe du jour. D’ailleurs, ce message quotidien retentit tout autour de la planète. Il est vrai que la théologie est importante pour mieux comprendre l’Ecriture Sainte, mais les mots essentiels de l’Evangile sont surtout des mots simples tels que: aimer, pardonner, prier, partager, … Plus que des études ces mots demandent foi et courage.

3. En union avec Marie


Mieux que saint Paul et que tous les autres saints, Marie peut témoigner: « …je vis, mais ce n’est plus moi, c’est le Christ qui vit en moi. » (Gal 2,20). Marie, de fait, sait ce que signifie vivre dans la communion de la Sainte Trinité: elle est fille du Père, mère du Fils et épouse de l’Esprit.

Dans toutes les étapes de sa vie, Marie redit son ‘oui’. « Personne plus que Marie ne peut nous aider davantage à regarder vers le Christ… le regard douloureux de la femme qui ‘enfante’ au Golgotha (Jn 19, 26-27), le regard lumineux au matin de Pâques qui rayonne de la joie du Ressuscité et le regard brûlant dans l’effusion de l’Esprit à la Pentecôte (Ac. 1, 14). Prier le rosaire c’est tout cela, c’est prendre avec Marie le chemin de la foi en Jésus Christ ». (Jean-Paul II, Lettre apostolique « Le rosaire de la Vierge Marie», n° 14, 2002).

Dans le premier chapitre de l’Evangile de Saint Matthieu, l’ange dit « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse : l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint  » (Mt 1,20). Et dans l’avant-dernier chapitre du quatrième Evangile – celui de Saint Jean – , il est dit « Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère: «Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple: Voici ta mère.» Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (Jn 19, 26-27). Peut-on être plus explicite?

4. Se nourrir de l'Eucharistie


Chaque fois que nous célébrons l’Eucharistie, nous vivons un moment privilégié. Nous offrons toute notre vie à Dieu, avec ses joies et ses peines. A chaque fois, nous sommes nourris d’une nourriture divine afin d’être capables de devenir sel de la terre, lumière du monde.

Au cours de l’Eucharistie, nous ouvrons notre cœur à tout ce que Dieu veut nous dire et nous donner. Nous ouvrons notre oreille et notre bouche à Dieu : Il nous donne sa Parole ainsi que le Corps et le Sang de son Fils. A l’Offertoire, nous déposons près de l’hostie et du calice toutes nos capacités d’aimer et toutes nos pauvretés d’amour. Le Christ les prend avec Lui et les porte au Père. Nous devenons ainsi toujours plus semblables au Christ.

Après l’Eucharistie, notre tâche est loin d’être achevée. Nous devons tout transposer dans notre vie quotidienne. C’est bien cela que le prêtre nous dit à la fin de la célébration, lors de l’envoi « Allez tous dans la paix du Christ ». Oui, c’est la fin de la Messe, mais c’est aussi le début de notre mission.

5. Désirer prendre part à la mission de l'Eglise et s'y atteler


Beaucoup de chrétiens cherchent donc de la nourriture pour leur foi dans des enseignements et des encouragements pour leur vie chrétienne. Ils ont le souci de leur âme. Mais il y a aussi le souci des autres. Un vrai chrétien ne se replie pas sur lui-même. Il brise le cercle fermé de sa personne pour aller vers les autres. Il est missionnaire.

Cette dimension missionnaire est présente quand des personnes se sentent appelées à des services caritatifs et sociaux, à l’accompagnement spirituel des autres ou lors de sessions de formation biblique, liturgique et catéchétique. Les uns le font, en œuvrant de façon plus ou moins directe à l’évangélisation en paroisse, d’autres au niveau diocésain ou international. Cette mission peut aussi être un simple service.

L’appel à la mission n’est nullement un appel à de l’activisme, mais une vocation à construire une communauté qui témoigne de l’Amour de Jésus Christ, pour construire un monde nouveau. N’ayons pas peur de partager humblement notre joie d’être chrétien.

Si les formes de missions sont multiples, il y en a une qui est incontournable; elle concerne tout chrétien. C’est celle de la prière. Tous, nous sommes invités à prier.

Un lieu, un petit « Cénacle », est nécessaire pour que des chrétiens puissent se retrouver, y prier ensemble, échanger, partager leur chemin vers Dieu, leur engagement au service des hommes et leur apostolat est nécessaire. On ne peut être chrétien seul.

Ces petits groupes, appelés « groupes Cénacle » ou encore « cellules Cénacle », sont profondément inspirés par le premier « Cénacle » où les Apôtres réunis autour de Marie ont attendu l’Esprit Saint promis par le Seigneur.

6. Le sacrement de la réconciliation


Le sacrement de la réconciliation est un sacrement de guérison. Nos péchés créent dans notre cœur des blessures qui saignent. Le sacrement du pardon est cette transfusion de sang indispensable en cas d’hémorragie et d’anémie. La confession guérit nos plaies et nous raffermit face à nos faiblesses.

Le Père nous attend toujours ; c’est ce que nous dit Jésus dans la parabole du Fils Prodigue /celle du Père de miséricorde. Il nous attend déjà, même quand nous sommes encore loin et ne songeons pas encore au retour. Il nous prendra dans ses bras et fera la fête quand nous reviendrons vers lui.

Le sacrement de la réconciliation va bien plus loin que l’aide psychologique que peuvent apporter un psychologue ou un psychiatre. La paix nous est donnée au plus profond de notre âme. Notre faute nous est enlevée. Seul Dieu peut le faire. La grâce du sacrement du pardon est plus qu’un mot de consolation du prêtre, plus qu’une petite tape dans le dos. La grâce du sacrement donne force et énergie pour reprendre la route de la vie; elle donne plus qu’un bon conseil, une perspective ou des encouragements.

Ces deux sacrements – l’Eucharistie et le sacrement de la Réconciliation –, nous pouvons les recevoir régulièrement. Les autres sacrements – le baptême, la confirmation, le mariage – nous avons tendance à les considérer comme des temps forts à un moment précis de notre vie. Il ne faut pas oublier de célébrer leur mémoire ; comme par exemple « le jour du mariage ». La grâce de ces sacrements nous est offerte, comme pour le sacrement de l’Ordre, pour en vivre jour après jour.

D’ailleurs, comme l’Onction des malades, tous les sacrements nous donnent force L’Eucharistie englobe d’une certaine manière tous les sacrements. Elle est à la fois point culminant et point de départ de toute communauté chrétienne. Si nous avons la possibilité d’aller aussi à l’Eucharistie en semaine, nous entrons davantage dans ce chemin de communion.

7. Faire une halte en se mettant humblement devant Dieu


De plus en plus de chrétiens cherchent un temps plus important d’approfondissement et de repos spirituel. En tant que chrétiens nous avons besoin de ce ressourcement. Il faut nous laisser fortifier en Dieu (ad intra) pour être envoyé par Lui (ad extra). La retraite au Cénacle fait référence aux événements de Pentecôte. Sur ordre de leur Maître, après l’Ascension, les Apôtres retournèrent à Jérusalem, au Cénacle « »Jean baptise dans l’eau, mais vous, dans quelques jours, vous serez baptisés par l’Esprit Saint » (Ac. 1, 4-5).

L’Esprit Saint descendit sur eux et fit de ces hommes anxieux et incertains des témoins audacieux du Christ. Ce don de l’Esprit n’est pas un événement du passé. L’Esprit renouvelle constamment les hommes, les groupes, les communautés et l’Eglise. Cette halte peut prendre plusieurs formes, allant d’une session de formation spirituelle jusqu’à vivre un temps de silence de plusieurs jours –accompagné ou non – afin de poser courageusement la question: « Est-ce que je vis réellement ce que Dieu me demande de vivre? »

Cette question est primordiale: notre joie, notre bonheur en dépendent. Bien sûr, cela demande un discernement.
Parfois, cela implique un changement radical pour notre vie. Mais, nous pouvons être sûrs que, même si Dieu nous demande des choses difficiles, jamais Il ne demande des choses impossibles, ni de prendre des décisions qui iraient à l’encontre de nos devoirs d’état, par exemple par rapport à la famille.

Dans sa finalité, la démarche nous invite à donner une réponse à cette question: « Qui est Jésus Christ réellement pour moi? Est-Il le Chemin, la Vérité et la Vie? » De notre réponse dépendra l’orientation que nous espérons donner à notre vie et à nos engagements.

En conclusion


Dieu nous a appelés à partir du néant et nous a donné vie et existence. Jésus Christ est venu nous rendre libres et capables d’aimer comme Lui.

Il est même venu jusqu’à nous pour nous inviter à une vie de communion avec Lui. Il a voulu dire à tous les hommes qu’Il est venu « pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10,10).

Si nous sentons cette confiance que Dieu nous fait, pourquoi ne dirions-nous pas ‘oui’, en communion avec Marie?
En fait, cette petite règle de vie nous aidera à vivre dans le « oui » total de Marie.