Vendredi saint – Cardinal Danneels



Nous venons de l’entendre : Jésus est mort sur la croix. Notre pasteur à disparu : Il a quitte la terre de des vivants pour faire son entrée dans le royaume de la mort.  Il est comme Orphée, le pasteur et le musicien de la mythologie grecque dont on, dit qu’il était si bon musicien, il jouait si bien de la lyre, que les Dieu lui ont permis d’entre dans le royaume des morts pour y aller chercher son épouse Euridice.

Notre Orphée à nous – Jésus – est allé cherché Lui aussi son épouse : toute l’humanité captive par la mort et qui attend qu’un musicien vienne la délivrer. Mais le chant de notre Orphée, le chant de Jésus a été si différent. Nous l’avons entendu il y a quelques instants : ce cri déchirant sur la croix :”Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?”. Non, notre berger s’en est allé non comme un joueur de harpe ou de lyre, mais couvert de blessures, de crachats et d’insultes.

Devenir bergers

Curieux berger ! Car l’image du berger à laquelle nous sommes habitués est celle d’un pasteur qui prend soin de ses brebis :il soigne leurs blessures à eux, il les panse, il guérit et Il caresse. Mais ici c’est les brebis qui blessent leur berger, ils lui font mal, ils le crucifient. Jésus, c’est le pâtre blessé.  Eh oui, quand on est vraiment berger, quand on aime vraiment ses brebis, on se laisse blesser par elles. Car l’amour gratuit vers l’autre revient sur celui qui aime et par ricochet le blesse des mêmes blessures que celles qu’il a voulu panser. Et nous ? Il n’y a personne  qui n’est pas quelque part le berger d’un autre. Il faut bien le savoir : on n’aime jamais gratuitement et intensément sans que cet amour laisse des traces sur celui qui aime. Tous les bons pasteurs portent des blessures comme Jésus. Regardons notre berger en croix. Les plaies qu’Il porte, ce sont les nôtres dans les deux sens : ce sont les blessures dans nos mains, nos pieds et dans notre côté; et c’est nous qui les avons imprimé dans son divin corps.  Imitons-le.

Adorons-Le

Jésus nous dit : ‘Venez à Moi. Par mes propres blessures, je guérirai les vôtres. Je suis le pâtre blessé. Allez dans le monde et imitez-Moi. Dites à tous : nous avons trouvé un homme blessé, blessé par nous. Cet Homme que nous avons trouvé sur la Croix est, comme le dit le Livre de l’Apocalypse : “un arbre de vie produisant douze récoltes. Chaque mois Il donne son, fruit et son feuillage sert à la guérison des nations” (A.P. 22,2b) . Venez, adorons-Le.

 

Image: Vendredi saint – Bradi Barth