Notre baptême

Qu’avons-nous fait de notre baptême



Abbé Leo Palm

Quand Jean Baptiste appelle ses contemporains à venir au Jourdain pour recevoir un baptême de conversion, Jésus vient se mettre dans la file… Jean le voit venir à lui et il est dans l’embarras: mais c’est le monde à l’envers. “C’est moi qui devrais être baptisé par toi, pas l’inverse! – Laisse faire,” dit Jésus. “C’est juste et bon comme cela!” Alors Jean accepte sans comprendre. Ce qui s’est passé dans les eaux du Jourdain, nous dit qu’est notre baptême chrétien. Parfois on nous a présenté le baptême comme “purification sacramentelle” de notre vie.
Nous nous souvenons peut-être de l’image: un cœur tut noir à cause du péché originel devient tout blanc grâce au baptême. Le premier es sacrements est bien plus que cela!

Le baptême, c’est une rencontre, c’est Jésus qui entre dans notre vie, bien davantage, c’est le Père, le Fils et le Saint Esprit qui viennent faire leur demeure en nous! Nous sommes en Dieu et Dieu est en nous: en Grec “en Dieu” se dit en-theou: de là notre mot enthousiasme.
Est-ce que vous rencontrez souvent des chrétiens vraiment enthousiastes de leur baptême?

Le baptême, pourquoi?

Elisabeth Catez, mieux connue sous son nom de carmélite, Elisabeth de la Trinité, était quelqu’un qui s’enthousiasmait vraiment de son baptême. Elle est née le 18 juillet 1880. Mais elle ne célébrait jamais son anniversaire. Par contre, le 22 juillet, elle fêtait toujours son baptême, car ce jour-là, le Seigneur est venu habiter dans son âme… Cette inhabitation de Dieu en elle était vraiment au cœur de sa vie, le centre autour duquel s’articulait toute son existence. Vous vous dites peut-être qu’elle était coupée du monde. Mais il n’en est rien: il suffit de lire les centaines de lettres qu’elle échangées avec un tas de gens pour découvrir à quel point cette vie centrée sur Dieu l’ouvrait sur les autres. Le véritable amour de Dieu ne nous replie jamais sur nous-mêmes, il nous pousse littéralement vers autrui… et nous pouvons le voir de plus en plus comme Dieu le voit, l’aimer comme Dieu l’aime.

Mon enfant, qu’as-tu fait de ton baptême? A quoi te servirait de recevoir le baptême si c’est pour te laisser moisir dans un tiroir fermé dans le grenier de ta maison? Ce serait la même chose que d’hériter d’une immense fortune et de la laisser dormir dans un coffre-fort sans jamais y toucher. Mais le baptême ne nous donne pas des choses: il nous a offert le Bon Dieu en personne. C’est comme si nous l’accueillions pour l’enfermer ensuite.

Est-ce que nous allons ouvrir notre porte?

Parfois, nous apprenons des histoires choquantes: des enfants dont le monde ignorait même l’existence, séquestrés dans une cave obscure. N’est-ce pas ce que nous faisons au Seigneur?
Ne vit-il pas séquestré dans notre cœur, abandonné, livré à lui-même? N’est-ce pas comme cela qu’on pourrait imaginer ce qui arrive à Jésus dans le livre de l’Apocalypse de saint Jean (3, 19b-20)? “Voici que je me tiens à la porte et je frappe si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’enterai chez lui; je prendrai le repas avec lui et lui avec moi.” On imagine que Jésus est dehors, devant la maison. Mais n’est-il pas plutôt enfermé à l’intérieur, séquestré au plus profond de nous? Il voudrait entrer en contact avec nous… Il se manifeste: il tambourine sur la porte… Il donne de la voix… Est-ce que nous allons ouvrir, est-ce que nous allons écouter sa voix?

Ces paroles de Jésus ne sont destinées à des païens mais à des baptisés, et Jésus les introduit par ces mots: “Sois fervent: convertis-toi.” Nous manquons souvent de ferveur. Nous sommes tièdes… voire froids. Quand un baptisé devenu tiède reçoit la grâce de la conversion, il pourrait s’écrier comme Jacob: “Dieu était là et je ne le savais pas! Je ne le savais plus.”

Mais le temps du baptême ne se termine jamais:
Si le converti accepte que le Seigneur occupe de plus en plus de place dans sa vie, alors, il découvre la merveille du baptême et il devient réellement enthousiaste. Il retrouvera la valeur de la prière, il se mettra à l’écoute de la Parole de Dieu, il n’imagine plus une vie sans eucharistie. Il ouvre la porte à Jésus, écoute sa voix, partage la cène!
Nous avons rangé nos crèches, le soir de la fête du baptême du Seigneur. Car cette belle fête clôture le temps de Noël. Mais le temps du baptême ne se termine jamais: le temps du baptême, c’est toujours… Un moyen très simple d’évangéliser pendant le temps de Noël: mettra la crèche bien en vue… Un moyen simple pour (s’) évangéliser tus les jours: le bénitier avec l’eau bénite… Au lever et au coucher, plongeons le doigt dans l’eau bénite et traçons sur nous le signe de la croix: “au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.”
“Seigneur, tu vis en moi et je vis en toi! Fais-moi la grâce de m’enthousiasmer du cadeau que tu m’as fait le jour de mon baptême: toi en moi et moi en toi! Quelle joie! Quel bonheur!”

© La Vierge des Pauvres,

N° 2 avril-mai- juin 2020 pp. 50-51.

O, mes trois!

Sainte Elisabeth de la Trinité
O mon Dieu, Trinité que j’adore,
aidez-moi à m’oublier entièrement
pour m’établir en vous, immobile et paisible
comme si déjà mon âme était dans l’éternité!
Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous,
ô mon Immuable, mais que chaque minute m’emporte
plus loin dans la profondeur de votre Mystère.
Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel,
votre demeure aimée et le lieu de votre repos;
que je ne vous y laisse jamais seul,
mais que je sois là tout entière,
tout éveillée en ma foi, tout adorant,
toute livrée à votre action créatrice.

O mon Christ aimé, crucifié par amour,
je voudrais être une épouse pour votre cœur;
je voudrais vous couvrir de gloire,
je voudrais vous aimer… jusqu’à en mourir!
Mais je sens mon impuissance et
je Vous demande de me revêtir de Vous-même,
d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre Âme;
de me submerger, de m’envahir, de Vous substituer à moi,
afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur,
comme Réparateur et comme Sauveur.
O Verbe éternel, parole de mon Dieu,
je veux passer ma vie à Vous écouter,
je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de Vous;
puis, à travers toutes les nuits, tous les vides,
toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et
demeurer sous votre grande lumière.
O mon Astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse
plus sortir de votre rayonnement. O Feu consumant, Esprit d’amour,

survenez en moi afin qu’il se fasse en mon âme

comme une incarnation du Verbe;

que je Lui sois une humanité de surcroît,

en laquelle il renouvelle tout son mystère.

Et vous, ô Père, penchez-Vous vers votre pauvre petite créature,

ne voyez en elle que le Bien-aimé en lequel

Vous avez mis toutes vos complaisances.

O mes Trois, mon Tout, ma Béatitude,

Solitude infinie, Immensité où je me perds,

je me livre à Vous comme une proie;

ensevelissez-vous en moi,

pour que je m’ensevelisse en Vous, en attendant

d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vous grandeurs.

Ainsi soit-il.

On ne peut être crétien seul Livret  2,00 Euro

16 pages  format A6