Het evangelie verkondigen

Proclamer l’Évangile à notre époque : défis et opportunités



Les professeurs Christoph Theobald et Guido Vanheeswijck.

Lors de leurs journées d’étude, les évêques de Belgique se sont penchés cette année, sur la question suivante : Quels sont les éléments importants pour la mission d’évangélisation de l’Eglise aujourd’hui? Les évêques en ont discuté les lundi et mardi 27 et 28 janvier 2020dans l’abbaye des Prémontrés de Grimbergen. Suit un résumé des exposés intéressants des Professeurs Christoph Theobald et Guido Vanheeswijck.

Une Église en métamorphose

Le théologien franco-allemand Christoph Theobald sj, lié entre autres au Centre Sèvres de Paris, a commencé son exposé en soulignant que l’Eglise catholique est actuellement en pleine métamorphose.

Dans ce contexte, le Père Theobald considère que le défi premier et le plus important est de clarifier la question: ‘Pour quoi’ évangéliser ? Beaucoup de chrétiens qui ne le savent plus se sentent peu impliqués. Soit ils considèrent le christianisme comme un ensemble de valeurs, soit ils recherchent des stratégies pour le promouvoir. D’autres cherchent à se replier sur le petit cercle de ceux qui partagent les mêmes idées. D’autres encore confondent mission et zèle de conversion. Il est donc essentiel de guider les chrétiens d’aujourd’hui dans ce que l’Église a compris par mission depuis ses origines. Pour le Professeur Theobald, il s’agit d’un simple retour aux origines de l’Évangile : la Bonne Nouvelle toujours renouvelée que Dieu nous libère de manière inconditionnelle, pure Grâce. Le feu du partage de cette Bonne Nouvelle pour évangéliser ne peut être étouffé chez celui qui devient disciple de Jésus.

Le lieu unique où cela peut avoir lieu est la vie quotidienne : la Galilée de nos contemporains.

Immédiatement, le second défi : redécouvrir le sens de l’évangélisation en allant vers les autres et en renouant avec les nombreuses étapes de leur existence. Donc, ne pas entreprendre des tas de choses mais être présent (en français : ‘présent’, signifie aussi ‘cadeau’).

Pour Christophe Theobald, évangéliser signifie également accroitre les possibilités de contact avec nos contemporains; un troisième grand défi. Qui sont les ‘navetteurs’ d’aujourd’hui qui possèdent le charisme de ressentir en profondeur le vécu de ceux qui sont en face d’eux ? Et en quels lieux? Dans notre liturgie ? Nos communautés sont-elles accueillantes?

Un quatrième défi pour le Père Theobald réside dans l’importance d’une pédagogie du renouveau missionnaire. Laisser les personnes et les communautés s’échapper des institutions existantes : se mettre en route sans attendre, transformer le négativisme en nouvelle espérance. Reconnaître les charismes, la synodalité et l’hospitalité.

Un cinquième défi souligné par le Professeur est la réalisation de communautés missionnaires. Le mot clé se réfère selon lui à Evangelii Gaudium du Pape François: ‘Donner la priorité au temps, à l’initiation de processus, au lieu de vouloir occuper l’espace’. Toucher les cœurs, devenir des communautés qui font la différence. Les prêtres et les autres responsables doivent devenir des guides pour ceux qui sont en route.

L’Église a beaucoup à offrir

Dans son exposé, le philosophe flamand Guido Vanheeswijck, Professeur à l’Université d’Anvers et à la KU Leuven, part d’une observation remarquable de son confrère allemand Jürgen Habermas. Ce dernier après avoir déclaré pendant des décennies que le christianisme était dépassé, est revenu sur cette déclaration et il affirme en tant qu’athée, que notre culture a besoin du sens contenu dans la religion. Et les sociétés d’Europe occidentale qui sont les plus sécularisées ont le plus besoin de religion.

Ensuite, Vanheeswijck a développé le déroulement du processus de sécularisation depuis le Moyen Âge. Les évolutions les plus marquantes : d’une hétéronomie (l’individu fait partie du tout) à l’autonomie, d’un intérêt général hiérarchisé à un intérêt général basé sur des contrats, de l’obéissance à des systèmes politiques basés sur la représentation et la participation, du rôle important de la tradition à un grand intérêt pour le changement.

Les grandes attentes de la culture sécularisée ne se réalisent pas : il ne semble pas y avoir de réelle autonomie, la technologie est trop puissante, on porte atteinte à l’environnement, il y a une perte de sens, l’éthique est fragile. Certes les gens sont libres, mais reste la question de savoir que faire de cette liberté. Pour Vanheeswijck, de nombreuses opportunités se profilent pour l’Evangile et pour ceux qui donnent une réalité à la Bonne Nouvelle.

L’un de ces domaines est celui de l’éthique. Les gens continuent à poser des questions et sont en recherche de réponses : sur les migrations, l’écologie, la pauvreté, le début et la fin de la vie, la manière de gérer la souffrance, les relations et la fidélité, l’intimité, la sexualité, etc. Le christianisme a beaucoup à dire et une grande richesse à offrir. Ce n’est pas parce que les gens s’éloignent qu’il ne faut pas le dire, au contraire souligne M. Vanheeswijck. La religion en tant qu’horizon de l’éthique est extrêmement importante.

Guido Vanheeswijck cite encore d’autres domaines dans lesquels le christianisme a une offre originale pour notre temps : l’importance de la tradition (le passé participe à l’avenir), la recherche d’une identité, la transmission du spirituel, y compris une conviction philosophique inclusive. Et également des questions comme : qui est Jésus? Comment prier? Qu’est-ce que la transcendance ? sont selon Vanheeswijck, des questions par lesquelles le christianisme peut parler à nos contemporains.

© Geert de Kerpel
Porte-parole néerlandophone de la Conférence épiscopale de Belgique

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16 pages

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