Ne crains pas, je te tiens

Ne crains pas, je te tiens



Père Thibault Van Den Driessche, assomptionniste

Pour le Père du désert Isaac le Syrien (cf. encadré), Dieu est comme un maître-nageur : il veille sur nous au milieu des vagues de l’existence.

Un maître-nageur vous a-t-il enseigné la brasse, le crawl et le papillon ? Avec tact et par étapes, il vous soutenait quand vous vous enfonciez dans les flots, il vous apprenait à ne plus craindre l’eau, à en faire votre alliée.

Dieu est comparable à un maître-nageur, estime le moine Isaac le Syrien. Il s’y prend de la même manière pour mener les hommes sur les chemins de la vie spirituelle : ʺL’enfant, raconte Isaac, nage au-dessus des mains de celui qui le soutient de ses mains l’encourage de la voix et lui dit : ʺNe crains pas, je te tiens.ʺ La personne qui commence à se familiariser avec le milieu aquatique, est heureuse de pouvoir compter sur un maître-nageur. Elle a confiance en lui. Le chrétien est lui aussi appelé à cette confiance vis-à-vis du Seigneur.

L’océan des épreuves et des tentations, avertit Isaac, ne doit pas arrêter les disciples du Seigneur. Dans les difficultés, ils sont invités à nager avec simplicité et confiance : ʺCeux  qui se hâtent portés par l’espérance ne regardent pas aux difficultés du voyage ; quand ils ont traversé la mer, ils rendent grâces à Dieu qui les a délivrés des passages étroits, des gouffres et autres endroits dangereux.ʺ Cheminer dans la foi nous oblige à rester les yeux fixés vers Dieu, sans jamais perdre espoir. Comme un nageur en herbe comptant sur son maître ou un enfant risquant ses premiers pas, assuré du soutien de sa mère : ʺLorsque celui-ci se met à trembler et tombe à cause de la fragilité et de la délicatesse de ses pieds et de ses jambes, relate Isaac, sa mère court et le prend dans ses bras.ʺ

On croirait entendre sainte Thérèse de Lisieux, que plus d’un millénaire sépare du moine syrien. Pour la carmélite, l‘unique chemin vers l’amour, c’est ʺl’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son Père.[…] Jésus ne demande pas de grandes actions, mais seulement l’abandon et la reconnaissanceʺ.

Qui est Isaac le Syrien (630-640) ?

Né dans l’actuel Qatar, Isaac le Syrien fut évêque de Ninive (Irak actuel), avant de se retirer dans un monastère de l’actuel l’Iran, où il vécut dans un ermitage isolé. Forgés à l’école des Pères du désert, ses écrits eurent une grande influence dans les Églises d’Orient.

© Prions en Eglise, N° 396, décembre 2019, pp. 288-289

Evangile selon saint Matthieu 14, 22-27

Aussitôt Jésus obligea les disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules.
Quand il les eut renvoyées, il gravit la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul.
La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire.
Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer.
En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils dirent : « C’est un fantôme. » Pris de peur, ils se mirent à crier.
Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! C’est moi ; n’ayez plus peur ! »

© AELF 2020