L’Église, c’est moi…



Ces réflexions sont celles d’une jeune femme, vierge consacrée,
au service d’une unité pastorale à Bruxelles.

Très certainement, nous sommes tous, d’une manière ou d’une autre profondément touchés par ce qui est dit sur l’Église dans les médias. En ce qui me concerne, différents sentiments se bousculent en moi.

Avant tout, la première place ne doit-elle pas être donnée aux victimes ? Reconnaître à quel point elles ont été meurtries. Les écouter. Les respecter dans leurs besoins. Entendre aussi ce qu’elles proposent comme moyens pour que l’Église fasse chemin.

À côté des victimes « directes », je pense aussi aux victimes « collatérales ». En premier lieu, les proches de ces victimes, un conjoint, un enfant… sont aussi réquisitionnés, qu’ils le veuillent ou non, tels des Simon de Cyrène, pour porter la croix « avec ».

Et parmi les victimes collatérales, il y a celles qui maintenant, reçoivent de plein fouet les divulgations par la presse. Et là, elles sont innombrables. Spontanément, on pense aux religieux et religieuses d’un ordre touché par le scandale, on peut aussi penser à tout prêtre qui doit porter les soupçons… Et puis, il y a tout qui remet en cause le rapport à l’Église. Le jeune qui préfèrera s’orienter vers des églises du réveil, ou le couple qui, ayant fait baptiser un enfant, se gardera de l’amener à l’Église au moment de la première communion, etc.

 

Quelle réponse pouvons-nous donner ?

Je pose mon regard sur le Cœur du Christ. Comment reçoit-il tout cela ? Quelle réponse pouvons-nous donner ?

En premier lieu, personnellement, je continue à me sentir pleinement d’Église, à aimer mon Église. Je peux dire : « l’Église c’est moi ». Car elle est le Corps du Christ et je suis membre de ce Corps. Ceux qui sont tombés très bas font aussi partie de cette Église que j’aime. Il y a bien sûr quelque chose de complètement inexplicable dans certains actes. Et sans doute qu’il ne faut même pas essayer d’expliquer, mais simplement recevoir que cela s’est passé.

Je reconnais que le mal est aussi en moi. Comme Paul, je peux dire : « Ma façon d’agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c’est cela que je fais. (…) Mais en fait, ce n’est plus moi qui agis, c’est le péché, lui qui habite en moi » (Rm 7, 15.17).

 

Ma réponse?

À mon propre niveau, la réponse que je peux donner au monde et à l’Église, c’est de demander la grâce au Seigneur de grandir en sainteté et en humilité. Sans Lui, je ne peux rien faire. C’est la sainteté et l’humilité des gens d’Église qui attirera au Christ, guérira les blessures, restaurera la paix. Mais cet objectif est hors de ma portée. Comment faire ? Ce qui m’aide le plus, c’est la prière (et en particulier l’adoration du Saint-Sacrement), le recours à la Vierge Marie, la confession fréquente, et l’eucharistie quotidienne.

Marie-Agnès Misonne

© « Bonne Nouvelle«  – Bimestriel – 41ème année, n°245 mai-juin 2019.
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