Silence d'argent prière d'or

Le silence est d’argent, la prière est d’or !



Psaume 91

Qu’il est bon de rendre grâce au Seigneur,
de chanter pour ton nom, Dieu Très-Haut,
d’annoncer dès le matin ton amour,
ta fidélité, au long des nuits,
sur la lyre à dix cordes et sur la harpe,
sur un murmure de cithare.

Tes œuvres me comblent de joie ;
devant l’ouvrage de tes mains, je m’écrie :
ʺQue tes œuvres sont grandes, Seigneur !
Combien sont profondes tes pensées !ʺ

L’homme borné ne le sait pas,
l’insensé ne peut le comprendre :
les impies croissent comme l’herbe,
ils fleurissent, ceux qui font le mal,
mais pour disparaître à tout jamais.
Toi, qui habites là-haut,
tu es pour toujours le Seigneur.
Vois tes ennemis, Seigneur,
vois tes ennemis qui périssent,
et la déroute de ceux qui font le mal.
Tu me donnes la fougue du taureau,
tu me baignes d’huile nouvelle ;
j’ai vu, j’ai repéré mes espions,
j’entends ceux qui viennent m’attaquer.
Le juste grandira comme un palmier,
il poussera comme un cèdre du Liban ;
planté dans les parvis du Seigneur,
il grandira dans la maison de notre Dieu.
Vieillissant, il fructifie encore,
il garde sa sève et sa verdeur
pour annoncer : ʺLe Seigneur est droit !
Pas de ruse en Dieu, mon rocher !ʺ

Les Psaumes ?

Les Psaumes (du grec psalterion, nom d’un instrument de musique à cordes qui accompagnait leur chant) formaient le recueil des chants religieux d’Israël pour le culte, exprimant le mouvement du cœur de celui qui vit devant Dieu: louanges à Dieu pour ce qu’il est; supplications individuelles ou collectives dans l’épreuve et les difficultés; demande de pardon; actions de grâces pour la délivrance du mal et pour la vie reçues de Dieu.

Au long des 150 psaumes, l’évocation des ténèbres, où le fidèle se débat pour échapper aux pièges tendus par les ennemis de Dieu, alterne avec celle de la lumière de la victoire finale; alors peut éclater l’appel universel à la louange: “que tout ce qui respire loue le Seigneur” (Ps. 150,5).

Les titres donnés souvent aux Psaumes (“de David”, “de Salom ne désignent pas forcément leurs auteurs, mais indiquent une relation du Psaume avec le personnage nommé.
La moitié des Psaumes est rapportée à David en tant qu’il représente le croyant type, le roi juste, qui sait reconnaitre ses propres torts (Ps. 51) et place toute sa vie sous le regard de Dieu. (P 259)
La prière chrétienne s’est toujours nourrie de la lecture des Psaumes. Elle l’a fait parce que, sans doute, la prière de Jésus, elle-même, était nourrie des psaumes (il cite le psaume 118,22, le psaume 21,21 le psaume 31,6).

Aux premiers siècles, il ne semble pas pourtant que la liturgie chrétienne ait utilisé les Psaumes d’une manière différente des autres livres bibliques, et c’est d’ailleurs encore la coutume dans la liturgie syrienne.

Mais dès le III° siècle, le psautier fut utilisé comme base de la prière. Saint Athanase (296-373) affirme alors que c’est un “livre qui contient toute la vie de l’homme, tous les états d’esprit, tous les mouvements de pensées”; et plus tard saint Augustin (354-430) dans ses commentaires des Psaumes, montrera que le Christ et l’Église sont comme préfigurés dans chacun d’eux.

Saint Tertullien (160-225) demande aux époux de prier en se chantant mutuellement des psaumes, il est évident que ce sont les moines qui pouvaient surtout utiliser les Psaumes dans leur prière. Et de ce fait ils y tiennent une grande place. Pour être moine il a longtemps fallu savoir les psaumes par cœur, les antiennes (ces petits refrains que l’on chantait avant et après les Psaumes) servant cependant aux ignorants à se joindre à la prière commune. (p. 941).

© “Nouvelle encyclopédie théo”,
Editons Droguet-Ardant/Fayard, Paris 1989.