La puissance de guérison de Jésus

La puissance de guérison



Romano Guardini

La puissance de guérir est si inépuisable en Jésus qu’il vient à bout de la misère humaine qui se presse autour de lui. Il ne recule pas. Les plaies, les membres tordus, les déformations, toutes les souffrances ne l’effraient point. Il tient. Il ne discerne pas ce qui est plus urgent ou ce qui correspondrait à la force qui est en lui, mais, simplement, il accepte tout le monde et guérit tout le monde.

Jésus sent la souffrance des hommes. La compassion lui secoue le cœur. Il permet à la misère de s’approcher de lui, mais il est plus fort qu’elle. Nous ne connaissons aucune parole du Sauveur ayant une saveur ʺidéalisteʺ, laissant entendre qu’il pourrait supprimer la douleur.

Celle-ci, il ne la survole pas, attendri ou enthousiaste, mais la regarde en face, dans sa nudité hideuse. Mais jamais il ne perd courage, jamais il n’est fatigué ou déçu. Son cœur, le plus sensible et le plus éclairé qui ait jamais battu dans poitrine humaine, est plus fort que la douleur des hommes.

© Magnificat N° 325, décembre 2019, pp. 79-80.

Romano Guardini (†1968), théologien allemand, a marqué de son empreinte exceptionnelle tous les courants théologiques du XXième  siècle, préparant le concile Vatican II. Il a considérablement influencé la pensée de Benoit XVI

 

“L’Eucharistie nous guérit de la pollution de notre temps; de la solitude car elle est le sacrement de la proximité et de la présence du Christ; du «chacun pour soi» car elle le sacrement de la solidarité. De la division et de l’exclusion, car la table du Seigneur est la table des petits et des pécheurs”.

(Cardinal Danneels)