La fête du Saint-Esprit



Le temps pascal se clôture par la Pentecôte, la fête de l’Esprit Saint.

Jeunes et adultes reçoivent le sacrement de la Confirmation, sont « confirmés ».
En effet, l’Esprit Saint a déjà été donné pleinement au baptême et est donc « confirmé » par le sacrement de la Confirmation.

Dans « Esprit Saint, Souffle vital de l’Eglise, «  (tome I des Documents de Malines) le cardinal Suenens nous partage quelques tentatives pour situer l’action et l’expérience de l’Esprit Saint dans notre vie au jour le jour.  Dans le Renouveau charismatique nous parlons couramment d’une « effusion de l’Esprit Saint ». De quoi s’agit-il?
Nous trouvons également quelques éléments de réponses aux questions posées à Laurent Landete dans son livre « Dieu fait toutes choses nouvelles. Regards d’un laïc sur la mission de l’Église ».

 

Une effusion de l’Esprit Saint

Le cardinal Suenens:
« 
Comment définir et cerner l’expérience initiale de l’Esprit d’une manière plus claire, plus précise ?  Travail délicat que de décrire l’action de l’Esprit qui, par définition, échappe à nos catégories  ! Par surcroît, nous sommes aux prises avec la difficulté de parler d’une effusion nouvelle de l’Esprit tout en sachant que l’Esprit a déjà été donné dans le baptême. La nouveauté est donc d’un type particulier ; il s’agit d’une venue nouvelle de l’Esprit déjà présent, d’une effusion qui ne vient pas du dehors mais qui jaillit du dedans. On songe à la parole de Jésus s’écriant : “Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive”. Et “De son sein couleront des fleuves d’eau vive”. L’évangéliste note qu’ “il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui(Jn 7, 37-38).  l s’agit d’un jaillissement, d’un épanouissement, d’une action de l’Esprit qui dégage et libère des énergies intérieures latentes. Il s’agit d’une prise de conscience plus accentuée de sa présence et de sa puissance.

 

Une grâce d’actualisation des dons reçus

Un théologien, le père Francis A. Sullivan, professeur à l’université Grégorienne à Rome, la décrit comme “une expérience religieuse qui introduit quelqu’un à un sens décisivement nouveau de la présence toute puissante de Dieu et de son action dans sa vie, cette action impliquant habituellement un ou plusieurs dons charismatiques.

À travers le tâtonnement des mots, on sent combien il est difficile d’exprimer l’inexprimable dès qu’il s’agit d’une grâce d’actualisation des dons reçus, de libération de l’Esprit, de manifestation du baptême, de reviviscence du don de l’Esprit reçu à la confirmation, d’un accueil en docilité profonde à l’Esprit.

 

Notre véritable identité chrétienne

Qui bénéficie de cette « expérience religieuse » la ressent comme une grâce de choix, comme un renouveau de vie qui s’accompagne d’un sentiment de paix et de joie d’une qualité non éprouvée encore, comme une revitalisation des grâces sacramentelles déjà reçues, conférées au baptême, puis à la confirmation, ou encore obtenues lors de la réception d’autres sacrements : pénitence, eucharistie, mariage, ordination.  Ce renouveau est perçu comme une libération des potentialités latentes de l’Esprit qui veut mener chacun à la pleine réalisation de sa vocation propre, religieuse ou laïque, comme une nouvelle prise de conscience, plus poussée, de notre véritable identité chrétienne, que seule la foi peut nous révéler, et qui vivifie celle-ci et lui donne un réalisme nouveau et un élan missionnaire.

 

Dans son livre « Dieu fait toutes choses nouvelles. Regard d’un laïc sur la mission de l’Eglise aujourd’hui » Laurent Landete répond à quelques questions.

Vous parlez souvent de “l’effusion de l’Esprit”. Voulez-vous expliquer de quoi il s’agit ?

C’est une grâce que l’on demande humblement à Dieu pour que les dons du Saint-Esprit, reçus au baptême et à la confirmation, portent tous leurs fruits en nous. Elle se reçoit dans une ouverture de cœur à l’Esprit Saint, à qui on remet totalement sa vie afin qu’il la conduise. C’est avant tout une initiative de Dieu, faisant parfois suite à une démarche individuelle dans laquelle il se manifeste d’une manière spéciale, comme une personne vivante et proche. Dieu désire tant se donner à nous qu’il a promis de nous donner son Esprit Saint. Il arrive parfois qu’une personne reçoive cette grâce de façon spontanée, par pure initiative du Seigneur. Quoi qu’il en soit, il en découle une conversion qui permet, progressivement, de mettre Dieu au cœur de sa vie. Par ailleurs, c’est une expérience que beaucoup de personnes ont faite sans la nommer ainsi.

 

Quand avez-vous connu cette expérience la première fois ?

Je crois que c’était lorsque j’étais enfant, devant mon poste de télé, alors que Paul VI bénissait le monde. Puis lors de ma véritable « conversion », à Lourdes, en présence d’un malade, j’ai à nouveau été saisi par l’Esprit Saint. Je n’avais rien demandé, mais cela a bouleversé ma vie. En revanche, j’ai demandé la prière de «l’effusion de l’Esprit » au sein du groupe de prière de la Communauté dans lequel je cheminais, il y a 25 ans. Je me souviens bien de cet instant et de la libre démarche que j’avais faite. Je me souviens aussi du sérieux temps de préparation qui l’avait précédé, mais ce n’est pas cette « effusion de l’Esprit » qui m’a le plus marqué, relativement aux deux précédentes que je viens d’évoquer et qui se situaient hors des sentiers battus … Au cours de sa vie, une personne peut recevoir une grande effusion de l’Esprit, et parfois ensuite des plus « petites » pour compléter sa conversion, selon la volonté de Dieu.

 

 

Sources :

© L.-J. Suenens, L’Esprit Saint, souffle vital de l’Église (Tome I), 2001, Ertvelde, Éditions de l’Association FIAT, pp.88-89. 

© Laurent Landete, e.a., Dieu fait toutes choses nouvelles. Regard d’un laïc sur la mission de l’Église aujourd’hui,  Paris, Éditions Emmanuel, 2018, pp. 130-131.