La Bible? Bien connue? Une réalité étrange?



A l’initiative des évêques de la région Flamande en Belgique, le programme scolaire des cours de religion a été actualisé en début de cette année 2019. Ce fut un long travail de 3 ans. Trois composantes ont été mises en avance: le contexte pluraliste de notre société, la foi chrétienne et la tradition chrétienne.

Cette actualisation des cours de religion a eu une grande place dans la presse, plus particulièrement la référence à la Bible, colonne vertébrale sur laquelle la société Européenne est construite. La Bible nous donne aussi toute la référence pour la foi chrétienne. Comment lire la Bible? Comment en vivre dans la vie au jour le jour?

Benedicte Lemmelijn, Professeur de l’Université Catholique de Louvain, nous offre une courte introduction en disant: « Pour comprendre la Bible, nous avons besoin de l’arrière fond des textes qui nous situe le texte étrange qu’est la Bible ainsi que son contexte étrange.

 

Un texte étrange

Si nous parlons des textes bibliques, il faut d’abord être bien conscient que la Bible n’est pas un livre quelconque mais un ensemble de livres. C’est comme une bibliothèque de livres qui ont vu le jour entre 8ième  siècle avant Jésus Christ et le 1er siècle après Jésus Christ. La littérature est très diverse et en plus aucun de ces livres n’est écrit par un seul auteur et à un moment très précis. Sans exception, ces livres ont des traces d’une longue histoire, de diverses rédactions, de diverses actualisations souvent au cours de différents siècles. La Bible a connu une croissance littéraire. En fait, il est même difficile de parler de « la » Bible. Pas d’un seul de ses livres il n’y a une autographe réel; Chaque livre a été transmis en maintes manuscrits qui non seulement sont multiples mais aussi multiformes.

 

Un contexte étrange

Si nous nous concentrons sur le « contexte », nous voyons que la Bible tellement « bien connue » en réalité est très étrange. Pour commencer, le lecteur actuel est un « outsider » pour ce qui est la communication entre les auteurs/éditeurs originaux et leur public. De plus, les textes ont été écrits dans des langues anciennes qui ne sont plus les nôtres. Ces deux éléments mentionnés font qu’il y a un grand clivage culturel et chronologique qui nous sépare de la genèse de ces textes et leur époque. Pour comprendre les textes bibliques, nous avons donc besoin d’une connaissance de base, d’une médiation » et d’une contextualisation. Sans plus besoin d’interprétation. Avant tout, les textes bibliques doivent être « lus » mais ils doivent aussi situés dans leur contexte et leurs objectifs. Sinon, nous pouvons leur faire dire n’importe quoi.

 

La liturgie de la Parole

Dans le livret « L’Eucharistie, un dialogue d’amour » de la main du cardinal Danneels nous lisons que par le choix des textes qui sont complémentaires, d’une part, et par l’homélie, d’autre part, l’Église nous aide pour une meilleure compréhension des textes. Elle le fait, sans surdosage, semaine après semaine pour nous former et nous inviter d’en vivre au jour le jour.

Dans notre liturgie, ce n’est pas nous qui crions ver Dieu, mais Dieu qui nous parle et nous, nous l’écoutons. La grâce est première !
‘’Au commencement était le Verbe….et le Verbe était Dieu’’ (Jn 1,1) .

La liturgie n’est pas une caisse de résonnance de toutes nos paroles, mais un temps d’écoute.
Ce n’est pas à nous de dire à Dieu ce qu’Il doit faire.

La première lecture est souvent tirée de l’Ancien Testament qui nous invite à tourner notre regard vers le Peuple de Dieu, de nous y reconnaitre, avec nos faiblesses, nos chutes et nos relèvements et notre bonne volonté.
Elle nous invite surtout à reconnaître l’immense patience de Dieu qui nous rappelle à nouveau chaque fois que nous avons adoré nos veaux d’or.

La seconde lecture, habituellement tirée d’une lettre des apôtres nous décrit la vie des communautés chrétiennes, leurs questions et leur courage, leurs déviations et leurs conflits.
Elle donne une image de la foi et du style de vie qui en découle.
Dans la première lecture nous nous reconnaissons dans un album de famille. Dans la seconde, l’on regarde comme dans un miroir. Les communautés chrétiennes d’hier et d’aujourd’hui commettent les mêmes péchés et sont portées par les mêmes grâces.
Un psaume est chanté entre les lectures. C’est une réponse faite non pas avec nos propres paroles, mais avec les paroles inspirées par l’Esprit. Ainsi nous demeurons sur une même longueur d’onde !

Au cours du chant de l’alléluia, nous nous mettons debout pour écouter le Christ en personne. Il parle à son Église par l’Évangile. Nous Le saluons expressément quand nous disons: « Gloire à Toi, Seigneur ».
Après la proclamation de l’Évangile, le Seigneur se retire dans le silence du mystère.

 

Lire l’Évangile du jour

Dans chaque Eucharistie, l’Église nous propose un extrait de l’Écriture Sainte; tout le monde n’a pas l’occasion de participer quotidiennement à la messe, mais tout le monde a accès à la Parole de l’Écriture Sainte que l’Église nous offre.
Que pouvons-nous faire? Chaque jour nous pouvons consacrer quelques minutes à une lecture de l’Écriture.

Ainsi nous recevrons nourriture et force. En nous mettant chaque jour sous la mouvance de la Parole et en laissant cette Parole toucher notre cœur, nous devenons unis de façon mystérieuse à tous nos frères et sœurs à travers le monde. Nous formons ainsi une seule et grande famille universelle, surtout si nous lisons l’Évangile qui nous est proposé à la Messe du jour. D’ailleurs, ce message quotidien retentit tout autour de la planète. Il est vrai que la théologie est importante pour mieux comprendre l’Écriture Sainte, mais les mots essentiels de l’Évangile sont surtout des mots simples tels que: aimer, pardonner, prier, partager, … Plus que des études ces mots demandent foi et courage.

 

Réf. Le livret n° 6 « L’Eucharistie, un dialogue d’amour » (cardinal Danneels) et
le livret N° 2 « Une petite règle de vie » (cardinal Danneels) (© Association FIAT et Editions Halewijn)